Le chauffeur de cette berline japonaise a été arrêté à la sortie de la ville. Il n'en mène pas large les mains sur le volant : «Non, non pas de mercenaires dans la ville. Juste des civils qui se défendent avec des armes légères.» Sa femme est en pleurs : «Elle est effrayée car elle pensait qu'on allait la violer. C'est ce que m'a dit son mari», explique ce combattant de Misrata, professeur de dessin, qui, avec son collègue, professeur de physique, traque les voiture douteuses. Armes légères ? Quatre kilomètres au sud de la position tenue par les rebelles, à un contrôle routier, trois combattants découvrent deux RPG-7 dans une voiture qui fuyait la ville. Les lance-roquettes dormaient sous une pile de couvertures qui, elles-mêmes, étaient recouvertes de six matelas. Ils sont neufs. Quatre roquettes dans des plastiques. Toujours la chanson du type qui s'est fait coincer. C'était pour défendre ma famille, dit-il.
Rebelote dans la file des voitures lors du maigre flot à midi, hier, sortie ouest. Un mec s'époumone : «On a trouvé deux kalachnikovs dans la Mistubishi du vieux là-bas.» Le vieil homme fait semblant de ne pas comprendre ce qu'on lui reproche. Il dit que tous les Libyens sont armés, il n'y a rien de bien extraordinaire. Le rebelle qui a trouvé les armes : «On est tous frères», mais le place à l'écart sous un arbre déchiqueté par les tirs des semaines passées. Là, les armes étaient cachées sous une montagne de couches pour bébés. Le ty




