Depuis que la jonction entre les fronts est et ouest s'est faite mercredi soir au sud de la ville, à proximité de l'aéroport, les combattants côté ouest tuent le temps comme ils le peuvent. Enfin si on peut s'exprimer ainsi. Hier, à 10 km derrière le front, matérialisé par un pont routier, un type a tué deux de ses camarades accidentellement. Il farfouillait le contacteur électrique d'un lance-roquettes à 20 mètres d'un hangar qui servait de dépôt pour munitions, avec pourtant marqué en gros devant safety first ! Le missile a réduit le hangar en un amas de tôles. Deux morts hier et deux blessés mercredi suite à une collision sur la route du front, voilà donc le bilan des «combats» de ces deux derniers jours sur le front ouest. En revanche, de violents combats ont eu lieu dans l'après-midi d'hier à l'est et au nord-est de la ville, que les forces du CNT tentent de conquérir depuis le 15 septembre.
En l'absence d'affrontement à l'ouest, il y avait «atelier tir». Cette fois-ci, à 20 bornes du front, des rebelles ont pour mission de «vérifier» que les munitions piquées à l'ennemi n'ont pas été gâtées «par l'humidité». Deux combattants tirent des roquettes de RPG-7 vers la mer. Le bruit est assourdissant mais les hommes sont heureux. Alors ils recommencent. «Les munitions, c'est comme la nourriture : il y a des dates à ne pas dépasser, dit celui qui revient du front, noir de suie car il a surtout plongé dans son moteur en panne




