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Récit

Le corps d’une fille torturée au cœur d’une manipulation des services syriens

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Des parents ont enterré, en septembre à Homs, un fils militant et sa sœur. Mais le deuxième corps mutilé n’était pas celui de leur fille. Une manœuvre supposée discréditer l’opposition.

Publié le 07/10/2011 à 0h00

L’horreur, ces derniers jours en Syrie, avait un nouveau nom : celui de Zaïnab al-Hosni, une fille de 18 ans, dont le corps torturé, démembré, décapité avait été remis le 13 septembre à ses parents. Elle était devenue le symbole de la répression sanguinaire du régime et son supplice avait contribué à mobiliser les habitants de Homs, la troisième ville du pays, où sa famille réside. Mais toute l’opération était en fait une manipulation des services secrets syriens pour discréditer l’opposition et les organisations internationales des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, qui avaient largement fait connaître l’histoire de Zaïnab à travers le monde.

Carte d'identité. Mercredi, pour démentir la version de l'opposition, la jeune fille a été présentée à la télévision d'Etat avec une carte d'identité qui portait son nom. «J'ai appris ma mort par les chaînes de télévision qui ont annoncé que la Sécurité syrienne m'avait arrêtée et brûlée puis découpé mon corps», a-t-elle déclaré. Habillée en noir, un hijab sur la tête, elle a aussi affirmé qu'elle s'était enfuie du domicile familial : «Mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis.»

Amnesty International et Human Rights Watch ont reconnu qu'ils s'étaient trompés. «La famille de Al-Hosni a confirmé que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab», ont indiqué ces organisations qui «regrettent cette erreur d'iden

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