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Interview

«La primaire ne signifie pas la fin des partis mais leur mutation»

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Publié le 13/10/2011 à 0h00

A la lumière de l'expérience italienne, Marc Lazar analyse les conséquences de la primaire socialiste. Son introduction dans la péninsule à partir de 2005, pour investir Romano Prodi comme candidat du centre gauche face à Silvio Berlusconi, a fait tache d'huile pour les autres types de scrutins (municipal, régional, etc.) et a profondément changé la manière de faire de la politique. Marc Lazar a notamment publié l'Italie contemporaine de 1945 à nos jours (Fayard).

Le succès de la primaire du Parti socialiste a-t-il créé une situation irréversible ?

Irréversible, je ne sais pas, mais la primaire qui constitue déjà un phénomène marquant en Italie le sera aussi sans doute toujours plus en France. Malgré leurs différences notables, ces deux pays ont aussi d’évidents points communs connaissant notamment l’un et l’autre une crise de la représentation et de la démocratie. D’où la soif de participation et d’action montrée par une partie du corps électoral qui se reconnaît dans la gauche et explique le succès de la primaire. Il est néanmoins difficile de comparer telles quelles les données. En France, il y a eu 2,5 millions de votants à la primaire socialiste. Quelque 4,3 millions d’Italiens avaient participé en 2005 à la primaire qui avait confirmé Romano Prodi comme le candidat de l’ensemble du centre gauche face à Silvio Berlusconi. Mais cette participation sensiblement plus importante tient aussi à l’héritage de partis tels le Parti communiste italien (PCI), ou la Démocratie chrétienne (DC) qui, à la différence de la France, étaient de vrais partis de mass

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