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Analyse

Un pour tous et un millier pour un

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Cet échange reflète la doctrine militaire israélienne, qui refuse d’abandonner ses soldats à l’ennemi. Morts ou vifs.

Publié le 19/10/2011 à 0h00

La disproportion de l'accord d'échange de prisonniers conclu par Israël avec le Hamas pour libérer Gilad Shalit est le dernier avatar de la doctrine militaire selon laquelle l'Etat hébreu n'abandonne jamais un seul de ses soldats derrière lui. Pour récupérer le jeune caporal, détenu par le mouvement islamiste depuis 2006, Israël a payé un prix sans précédent en acceptant de libérer plus d'un millier de détenus palestiniens, dont plusieurs centaines impliqués dans des attentats particulièrement meurtriers contre des civils. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a fait explicitement référence au code d'éthique de l'armée en justifiant sa décision auprès des familles des victimes d'attentats, opposées à l'échange. «Ma décision résulte de mon engagement, en tant que Premier ministre de l'Etat d'Israël, de ramener à la maison tous les soldats envoyés à la bataille pour défendre nos citoyens», leur a-t-il écrit dans une lettre qui fait aussi part de sa «compréhension» pour leur colère.

«Obligation». Le principe de venir systématiquement en aide aux soldats disparus, kidnappés ou tombés aux mains de l'ennemi est sacro-saint depuis la création de l'armée israélienne en 1948. Cet engagement moral d'un Etat envers ses soldats n'est pas propre à Israël, mais dans son cas il prend une dimension particulièrement forte, explique Stuart Cohen, professeur de sciences politiques à l'université de Bar-Ilan, spécialiste de Tsahal. «Cet impéra

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