Quatre Occidentales, dont Marie Dedieu, ont été enlevées en l’espace d’un mois dans le nord-est du Kenya. Cette vague d’incursions sur le territoire de groupes armés somaliens a précipité une intervention militaire qui marque un changement de stratégie majeur pour ce pays d’Afrique de l’Est, plus enclin à organiser des conférences de paix dans des hôtels de luxe de Nairobi, la capitale, qu’à mobiliser ses troupes.
L'opération «Linda Nchi» («Protéger le Kenya» en swahili) a été déclenchée ce week-end contre les shebab, des insurgés islamistes liés à Al-Qaeda qui contrôlent une grande partie du sud et du centre de la Somalie et livrent une guerre acharnée aux fragiles autorités de transition, présentes surtout dans la capitale, Mogadiscio. Nairobi les accuse d'avoir orchestré les enlèvements de la Française et d'une Britannique dans l'archipel de Lamu, ainsi que de deux Espagnoles travaillant pour Médecins sans frontières dans le camp de réfugiés de Dadaab, ce que les insurgés démentent depuis le début. «Cette réponse militaire vise à protéger les intérêts économiques. Le tourisme est menacé et le gouvernement craint un retrait des agences humanitaires des camps de réfugiés. Or, le fardeau serait sur les seules épaules du Kenya», analyse Andrews Atta Asamoah, chargé de recherches à l'Institut d'études de sécurité à Nairobi.
L'opération a lieu sur trois fronts depuis la frontière : El-Waq, Dobley et Ras Qambooni. Les grands moyens sont engagés, chars, artillerie lourde,




