Au lendemain des premières élections libres de Tunisie, Marjane Satrapi se trouvait à Libération, invitée par la rédaction à illustrer le journal que vous tenez en main. Un scrutin dont Satrapi fut bien involontairement une actrice de premier plan : son film Persepolis, diffusé à la télévision tunisienne pendant la campagne, déclencha l'ire de musulmans salafistes aussi radicaux que minoritaires, en mal de publicité tapageuse. Les manifestations violentes qui s'ensuivirent laissèrent penser, un instant, que l'opposition des partis laïcs et religieux allait déraper. A rebours de ce scénario catastrophe, les élections tunisiennes ont démontré le contraire : une extraordinaire maturité politique ; un usage à la fois massif et serein de l'arme du vote. L'image de ces électeurs prêts à affronter plusieurs heures d'attente pour mettre leur bulletin dans l'urne renvoyant, au passage, les vieilles démocraties abstentionnistes à leur propre paresse… La deuxième victoire du scrutin, franche et nette, revient à Ennahda. L'avenir dira si ce parti est islamiste, islamiste modéré, conservateur à tendance bigote ou tout simplement de droite, sur un échiquier politique où les laïcs tunisiens occupent la gauche. Mais, à ce stade, une chose est certaine : la fin des dictatures du monde arabe risque d'installer l'islam politique au pouvoir, de la Tunisie à la Libye en passant par l'Egypte. Aspirer à la liberté ne suscite pas magiquement une société sécularisée. Comme démocrat
EDITORIAL
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Publié le 25/10/2011 à 0h00
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