Sans lui, la justice internationale et la lutte contre l’impunité de tortionnaires ou dictateurs ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Antonio Cassese s’est éteint le 22 octobre.
Quand, un an après le début de la guerre en Bosnie, le Conseil de sécurité de l'ONU créa en 1993 le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), l'initiative apparaissait surtout comme un alibi pour cacher l'impuissance diplomatique et militaire de la communauté internationale face à Slobodan Milosevic, l'homme fort de Belgrade. Nul n'y croyait et tout était à inventer, y compris un code de procédure pénal particulier. Antonio Cassese, président entre 1993 et 1997 puis juge jusqu'en 2000 de ce tribunal hors norme - le premier du genre depuis celui de Nuremberg qui jugea les dirigeants nazis -, lui a donné réalité. Il a fait en sorte que les accords de paix de 1995 évoquent le jugement des auteurs des crimes les plus graves. Y compris au plus haut niveau. «J'ai cassé les pieds à tout le monde, allant partout parler aux chefs d'Etat et aux ministres des Affaires étrangères, expliquant qu'il ne peut y avoir de vraie paix sans justice», expliquait dans l'une de ses interviews à Libération ce grand juriste italien mort samedi à 74 ans à son domicile de Florence des suites d'une longue maladie.
Jusqu’à ces dernières semaines, malgré le mal qui le rongeait, il continuait à présider le Tribunal spécial pour le Liban créé par l’ONU pour rechercher puis juger les assassin




