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Libération
Reportage

Impies soient-ils Etats-Unis

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Dans un pays marqué par la foi, être non-croyant, c’est renier sa patrie. De plus en plus de groupes de défense des laïcs émergent. Pourtant, un domaine reste à conquérir : la politique.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 29/10/2011 à 0h00

Quelques bureaux au fond d'un couloir, dans un immeuble à façade de verre. De tous les lobbys qui font le charme très particulier de Washington, ce n'est certainement pas le plus riche ni le plus influent. Mais il ne cède en rien en enthousiasme, ou parfois même en fanatisme, aux églises et marchands, qui, tous ici, ont une cause pressante à promouvoir. Au pays du «peuple élu», où Dieu est invoqué jusque sur les billets de banque, les non-croyants ont maintenant un lobby bien organisé et de plus en plus remuant. La cause athée, agnostique et humaniste, sera «le prochain grand mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis», après ceux des femmes, des Noirs ou des homosexuels, veut croire l'un de ses mécènes, Todd Stiefel, millionnaire qui y investit une bonne partie de sa fortune.

Un «mur de séparation» entre l’Etat et les Eglises

Dans tout le pays, des centaines de clubs athées se sont formés, dans les universités, sur Facebook ou jusque dans les rangs de l'armée, coiffés au niveau national par une «Secular Coalition for America» (Coalition laïque pour l'Amérique), chargée de harceler les élus et de rappeler : Thomas Jefferson lui-même (troisième président des Etats-Unis) souhaitait ériger un «mur de séparation» entre l'Etat et les Eglises.

Dès l'âge de 8 ou 9 ans, Amanda Knief commençait à soupçonner que «Dieu, c'est naze». Dans son église méthodiste, des missionnaires étaient venus raconter que des enfants mouraient de faim en Afrique. Et les b

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