Le journaliste russe Andreï Soldatov, 36 ans, et sa consœur Irina Borogan étudient le fonctionnement, les méfaits et les déboires des services spéciaux, l'actuel Service fédéral de sécurité (FSB), héritier du KGB. Ils ont résumé l'expérience de leur site Agentura.ru dans un livre qui vient de sortir en français (1) sous le titre les Héritiers du KGB, enquête sur les nouveaux boyards.
En quoi le FSB est-il plus puissant que le KGB ?
Le FSB est aussi plus dangereux. Parce que personne ne le contrôle. Iouri Andropov, qui succéda à Brejnev à la tête de l’URSS après avoir dirigé le KGB, n’était pas à la base un officier du KGB, c’était un homme du Parti placé à la direction des services. Vladimir Poutine est le premier officier du KGB devenu chef de l’Etat. Il a placé ses anciens collègues. C’est une première. Le KGB ne donnait pas de recommandations politiques. Il faisait des rapports qu’il adressait à une commission politique du Parti. Le FSB a son département analyses dont Sergueï Ivanov, aujourd’hui premier vice-Premier ministre, a longtemps été le chef. Le FSB dispose d’un département «M» qui, lui, contrôle le ministère de l’Intérieur, le ministère des Situations d’urgence et les tribunaux. Le ministre actuel de l’Intérieur est lui-même un ancien général du FSB. De plus, le FSB a créé son propre système pour contrôler la situation à l’extérieur du pays. Il n’en parle jamais. En fait, nous avons aujourd’hui plus de services de renseignements qu’à l’épo




