Sortons les sortants. Tout annonce que les socialistes espagnols seront ce week-end le sixième gouvernement victime de la crise en Europe. Le cas espagnol est particulier, mais il aura nécessairement des répercussions sur l'ensemble du continent. Il est entendu de condamner Zapatero, oubliant qu'à son arrivée surprise au pouvoir, l'Europe fit l'éloge de cette nouvelle génération nationale. Le leader socialiste provoqua un changement de société fondamental sur la parité, la violence faite aux femmes, la place rendue aux homosexuels ou le travail de mémoire sur le franquisme.
Mais ces avancées historiques ne peuvent faire oublier la gestion de la crise par le chef du gouvernement espagnol, qui a des années durant nié l'existence même du krach. Surtout, il n'a pas su expliquer à son peuple les nécessités de la rigueur et d'un changement profond de politique lorsque la bulle immobilière a explosé.
Que Zapatero ne se représenta pas démontre qu'il ne pouvait pas défendre son bilan devant ses électeurs. La victoire attendue de la droite sera ainsi une victoire par défaut et non par adhésion dans un pays où un jeune sur deux est au chômage. Elle ne peut cacher un véritable questionnement sur la représentation politique en Espagne et, partant, dans le reste des démocraties occidentales. Le mouvement des «Indignados», qui risque de se traduire par une forte abstention, montre un refus de choisir entre une austérité de gauche et une rigueur de droite. Dans d'autres pays, cette défiance e




