C’est un double paradoxe, à méditer d’urgence. D’un côté, la défaite essuyée dimanche par les socialistes espagnols permet aux gauches européennes d’espérer prendre les commandes de l’Union en vertu de ce «sortons les sortants !» dont les conservateurs espagnols ont tant profité. Les sortants étant très majoritairement à droite dans l’Europe d’aujourd’hui, la gauche pourrait bientôt redevenir, comme à la fin des années 90, la première force politique de l’Union mais, d’un autre côté, si elle ne se réveille pas vite, elle pourrait alors connaître le même sort que les socialistes espagnols.
En Espagne, la gauche n’a pas seulement perdu une élection. Elle a été laminée car, face à la crise, elle ne trouvait plus rien à dire, faire ou proposer. Si elle est arrivée dimanche seize points derrière la droite, ce n’est pas seulement qu’elle n’avait pas su voir grossir la bulle immobilière dont l’éclatement a mis au chômage plus d’un Espagnol sur cinq. C’est surtout parce que la soudaine débâcle financière de l’Espagne avait laissé les socialistes bouche bée, totalement désemparés, incapables de faire autre chose que de réduire retraites, salaires et dépenses budgétaires avant d’annoncer, il y a cinq mois, ces élections anticipées qui constituaient un pur et simple renoncement au pouvoir.
En Espagne, ce n’est pas tant la droite qui a gagné que la gauche qui a déclaré forfait et passé le relais aux conservateurs. C’est parce qu’elle ne savait plus gouverner autrement qu’en se reposant su




