Une femme d’affaires russe de 52 ans, Natalia Goulevitch, en détention préventive, a bénéficié d’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné le 18 novembre son hospitalisation, alors qu’elle était privée de soins. C’est ce qu’explique Zoïa Svetova, une journaliste russe et militante des droits de l’homme, qui visite les prisons de Moscou dans le cadre d’une commission d’observateurs.
Comment a-t-on évité une nouvelle affaire Magnitski, ce juriste d’un fonds d’investissement britannique décédé à l’issue d’un an de détention sans jugement, en 2009 ?
Natalia Goulevitch a été arrêtée en décembre. Au mois de mars, elle a commencé à se plaindre de problèmes de vessie et a été transportée à l’hôpital de la prison de Matrosskaïa Tichina. Là, on lui a mis un cathéter et son rein droit s’est infecté. Or, les médecins de la prison ne sont pas des spécialistes. Nous lui avons donc trouvé un avocat et saisi la Cour de Strasbourg. Celle-ci a statué en urgence. Cela lui a sauvé la vie. Elle est maintenant dans un hôpital civil. Avec des limitations, puisqu’il y a toujours un gardien dans sa chambre et que son mari n’est pas autorisé à lui rendre visite.
La justice russe n’a donc pas progressé depuis 2009 ?
Le président Dmitri Medvedev a initié en avril 2010, dans la foulée de l'affaire Magnitski, une loi selon laquelle les personnes inculpées de crimes économiques peuvent être placées en résidence surveillée ou en liberté sous caution. La cour de Moscou a réclamé 100 millions de roubles [près de 2,4 millions d'euros, ndlr] à Natalia Goulevitch, une somme qu'elle n'était pas capable de réunir. Ce que le tribunal savait. Vassili Aleksanian, l'ex-juriste du pétrolier Ioukos,




