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Libération

Le Tamaulipas, Etat-fantôme livré à la violence des narcos

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Charniers, zones désertées… Une région du nord hors la loi.

ParEmmanuelle Steels
MEXICO, de notre correspondante
Publié le 29/11/2011 à 0h00

Il y a des zones du territoire mexicain qui vivent presque entièrement sous le joug du crime organisé. Cette perte de contrôle des autorités, longtemps circonscrite au nord du pays, est, selon les experts, en train de s’étendre à plusieurs autres Etats, comme Veracruz, Michoacán, Guerrero et Nuevo León.

L'Etat du Tamaulipas, sur le golfe du Mexique, à la frontière avec les Etats-Unis, reste l'exemple le plus emblématique d'une région hors la loi. Les terribles Zetas y disputent le terrain à leurs anciens alliés du Cartel du golfe et l'extrême violence a particulièrement touché les civils : fusillades en pleine rue, extorsion de fonds, exode forcé, enlèvements et massacres de voyageurs. En août 2010, 72 migrants centro-américains et sud-américains étaient kidnappés et sauvagement abattus par les Zetas dans la petite ville de San Fernando (Libération du 27 août 2010). Le président Felipe Calderón promit alors de rendre justice aux victimes. Mais c'est tout le contraire qui se produisit. Les «narco-fosses» de San Fernando devinrent tristement célèbres. Entre avril et juin 2011, 193 cadavres ont été exhumés de plusieurs charniers. Les victimes sont pour la plupart des Mexicains séquestrés par les Zetas alors qu'ils voyageaient en autobus.

Routes. Lilia Morel a du Tamaulipas l'image qu'en ont beaucoup de Mexicains : un piège mortel. «Mon neveu de 17 ans a disparu là-bas, alors qu'il voyageait avec des amis, raconte-t-elle lors d'une manifestation

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