Ce sont des mots très lourds, rarement utilisés devant le Conseil de sécurité. Lundi soir, la haut-commissaire des droits de l'homme des Nations unies, la Sud-Africaine Navi Pillay, dressait un tableau accablant des crimes commis depuis huit mois par le régime de Bachar al-Assad, avec plus de 5 000 morts, des viols, des meurtres, des actes de torture, des exécutions sommaires, des assassinats d'enfants. Peu après, l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, prend la parole, accusant la plus haute instance des Nations unies d'être «moralement responsable de ce qui se passe aujourd'hui en Syrie».«C'est le rapport le plus épouvantable que nous ayons entendu devant ce conseil depuis au moins deux ans», martèle le diplomate qui, avant de siéger à New York, avait notamment été en charge des négociations sur le nucléaire iranien. Connu et apprécié pour son franc-parler, ce polytechnicien et énarque insiste : «Il est scandaleux que le Conseil, du fait de l'opposition de certains membres et du fait de l'indifférence des autres, n'ait pas pu agir pour exercer une pression sur les autorités syriennes.»
Muet. La Russie et la Chine menacent en effet à chaque fois de mettre leur veto, bloquant un projet de résolution, comme ce fut le cas le 4 octobre. Mais le patron de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a jugé «immorale» la mise en cause française. D'importants pays émergents, tels l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, membres non




