Le plus étendu des pays s’éveille d’un long sommeil. Son avenir reste incertain mais la Russie n’est déjà plus le pays muselé, résigné, apathique qu’elle était depuis que Vladimir Poutine en était devenu l’homme fort en 1999. Après le monde arabe, la Russie achève de faire de 2011 l’année de la contagion démocratique mais comment expliquer que l’automne des dictatures l’ait à son tour touchée alors même qu’elle s’était tant réjouie, il y a douze ans, du retour d’un pouvoir fort ?
La raison en est, d’abord, une déception. Les Russes avaient aimé ce jeune espion tout en muscles qui leur avait promis de chasser les voleurs et de leur rendre une dignité nationale car les années Eltsine les avaient dégoûtés de l’Occident et de la démocratie. Sous couvert de passage à l’économie de marché, Boris Eltsine, ses féaux et sa famille s’étaient alors partagé toutes les richesses nationales. Au nom du rapprochement avec les Etats-Unis, la Russie s’était purement et simplement alignée sur la diplomatie américaine. Non seulement elle avait perdu son empire mais elle ne comptait plus sur la scène internationale et Vladimir Poutine avait ainsi été porté par la même humiliation nationale que les nationaux-socialistes après que le traité de Versailles eut anéanti l’Allemagne.
Puis vint la désillusion. Les mafias du nouveau pouvoir avaient succédé à celles de l'ancien. Les inégalités s'étaient développées de plus belle et c'est là-dessus que Vladimir Poutine commet sa première erreur, en 2008. Cet




