«Je ne peux rien planifier à l'avance, c'est impossible. Parfois, j'attends des heures pour rien, mais difficile de dire à un chien : "J'aurais bien voulu qu'on se revoie, rendez-vous à 14 heures à la cafétéria !"» Daniel Naudé joue de l'humour sans pour autant se donner le beau rôle. «Je suis un vrai chasseur», avoue-t-il, désarmant de sincérité. Et il sort, un à un, les 50 clichés de sa série Africanis, une meute de chiens plus ou moins domestiques, certains sauvages, tous interrompus dans leur élan en Afrique du Sud, où le photographe est né, le 7 octobre 1984.
Daniel Naudé vit à Stellenbosch, l’une des premières villes bâties par les Hollandais, près du Cap, sa ville natale. Un paradis grandeur nature où se multiplient les vignobles et les amateurs de sport : c’est là que s’entraînent les Springboks, costauds du ballon ovale. Un espace panoramique sur mesure pour Daniel Naudé, un homme au physique de trappeur hollywoodien qui aimait, enfant, dessiner des animaux.
En 2006, lors d'une randonnée dans le parc national du Karoo, à 450 kilomètres au nord-est de Stellenbosh, il tombe sur un africanis. Face à face entre un étudiant en arts visuels et une bête «haute d'environ un mètre, la queue roulée entre les jambes, la gueule écumeuse. Et sans maître, comme un paria».
Comme une sculpture de Giacometti
En 2007, il expose leur anatomie en couleur, faune originale de la nation arc-en-ciel. «Aucun chien ne ressemble à un autre. Ils sont uniques, ils s'adaptent à leur environne




