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L’Italie gangrenée par une vague de racisme meurtrier

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Les meurtres de deux Sénégalais à Florence, mardi, après un pogrom anti-Roms à Turin secouent et inquiètent l’opinion transalpine.

ParEric Jozsef
Rome, de notre correspondant
Publié le 15/12/2011 à 0h00

Arrivés du Sénégal il y a quelques années, ils se rendaient chaque jour au marché de la Piazza Dalmazia, dans le centre de Florence, pour y vendre quelques briquets et autres mouchoirs en papier. Samb Modou, 40 ans et Diop Mor, 54 ans vivaient non loin de là, dans une petite maison, à Sesto Fiorentino. Parce qu’ils étaient noirs, ils ont été froidement abattus, mardi midi, d’un coup de Smith & Wesson 357, sous les regards de dizaines de témoins pétrifiés, plongeant la capitale toscane dans l’effroi et l’Italie dans la stupeur. Un autre vendeur ambulant sénégalais, Sougou Mor, 32 ans, a aussi été grièvement blessé. (voir la vidéo)

Habitué des cercles néofascistes, raciste et antisémite, le meurtrier, Gianluca Casseri, un expert-comptable de 50 ans, a ensuite quitté en toute hâte le marché. «Pousse-toi ou je te tue toi aussi !» lance-t-il à un marchand de journaux qui tente de le bloquer. Une heure et demie plus tard, l'assassin, auteur de livres politico-ésotériques, reprend sa terrifiante chasse à l'Africain. Sur un autre marché, celui de San Lorenzo, dans le cœur historique de la cité, il sort à nouveau son arme, poursuit deux autres Sénégalais entre les étals et les blesse. Pour échapper à la police, Casseri gare ensuite sa voiture dans un parking en sous-sol avant de retourner l'arme contre lui et se tirer une balle dans la bouche.

Hier, Florence a rendu hommage aux deux vendeurs ambulants «victime d'une folie xénophobe et raciste», selon les termes du mai

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