Rien ne sera plus comme avant. C’est ce que disent tous les Russes qui sont allés manifester contre la fraude électorale aux législatives du 4 décembre. Vladimir Poutine, le Premier ministre candidat à la présidentielle du 4 mars, le sait aussi. Tout comme le Président, Dmitri Medvedev, qui a, par décret, avalisé le résultat du scrutin contesté. Mais les deux hommes refusent encore d’admettre qu’il s’agit d’un changement profond. Leur stratégie se résume à quelques mouvements de personnel, des mises en garde aux médias et aux internautes, des tentatives pour récupérer, ou au moins canaliser, le jeune électorat urbain mobilisé contre lui et discréditer une opposition très hétéroclite, et un raidissement envers l’Occident, Etats-Unis en tête.
Limbes. Vladimir Poutine s'essaie donc à la méthode Coué. «L'opposition dira toujours que les élections ne sont pas honnêtes, c'est le cas partout et dans tous les pays», a-t-il expliqué hier aux Russes dans ce qui constitue sa première intervention de candidat à la présidentielle. L'actuel Premier ministre joue la montre. La Russie va bientôt s'arrêter de fonctionner pour les fêtes de fin d'année, le 1er janvier, puis le 7 janvier, jour de Noël chez les orthodoxes, restés fidèles au calendrier julien, et enfin l'ancien nouvel an, sept jours plus tard. Avec la folie des courses de Noël qui s'est développée avec la société de consommation, c'est, au bas mot, deux semaines durant lesquelles le pays vivra




