Quatre décennies d'action humanitaire, depuis la création, fin 1971, de l'ONG Médecins sans frontières par un groupe de médecins de retour du Biafra, sont réexaminées dans un livre collectif, Agir à tout prix. Aucune commémoration dans cette étude qui fait suite à la série d'ouvrages «Populations en danger» lancée par François Jean, en 1992. Il s'agit d'une constante interrogation sur les pratiques et la philosophie humanitaires. L'examen est mené de l'intérieur, par des membres actuels ou d'anciens dirigeants de MSF qui se penchent sur plusieurs études de cas : les missions de l'ONG en Afghanistan, au Sri Lanka, en Birmanie, en Ethiopie… Manière de prendre le pouls de pays qui ne font pas forcément la une des journaux.
Chaque chapitre commence avec l'histoire de l'intervention de MSF dans le pays en question et, surtout, donne le détail, rétrospectivement, des négociations qu'il a fallu mener pour accéder aux populations en danger. L'étude de cette diplomatie médicale montre que «le renoncement le plus fréquent auquel MSF consent est celui de la liberté de parole». En effet, contrairement à l'idée la plus répandue, la charte de l'organisation spécifiait bien que le silence était une des conditions nécessaires à son action. Même si, à partir des années 80, le témoignage et la prise de parole sont devenus emblématiques de l'ONG. Au total, une analyse passionnante sur l'action humanitaire, et une réflexion utile sur quarante ans de conflits, catastrophes natur




