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La Russie lâche Damas à demi-mot, l’ONU s’agite

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Diplomatie . Malgré son ambivalence, le projet de résolution sur la Syrie déposé jeudi est un tournant réel dans la politique du Kremlin.

Publié le 17/12/2011 à 0h00

L’initiative évoque plus une manœuvre qu’un changement de fond. Le projet de résolution russe sur la Syrie présenté par surprise, jeudi, au Conseil de sécurité de l’ONU n’en montre pas moins que jamais Damas n’a été aussi isolé dans l’arène internationale. Le soutien jusqu’ici sans faille de Moscou représentait une assurance tout risque pour le régime baasiste, vieil allié régional et ultime ancrage de la Russie au Proche-Orient, avec une base navale dans le port de Tartous (ouest).

Crédibilité. Le projet de texte russe est certes pour le moins ambigu. S'il dénonce «l'usage disproportionné de la force par les autorités syriennes», il propose toutefois de condamner les «violences perpétrées par toutes les parties» et s'inquiète «de l'approvisionnement en armes, illégal, des groupes armés en Syrie». Mais le tournant est réel. L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, s'était dit «troublé» en début de semaine après le réquisitoire de la Haute Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, évoquant les atrocités commises depuis huit mois par les forces de répression du régime. Le patron de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, avait cependant dénoncé comme «immoral» le coup de gueule de l'ambassadeur français, Gérard Araud, sur le silence du Conseil de sécurité et sa «responsabilité morale» dans la perpétuation des massacres en cours.

Le Kremlin fait donc là un pas de plus, signe de sa crainte de

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