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Analyse

La France rallume la mèche turque

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L’Assemblée examine aujourd’hui un projet de loi visant à réprimer la négation du génocide arménien. Ce qui suscite la colère d’Ankara.

Publié le 22/12/2011 à 0h00

Le président de la République turque, Abdullah Gül, généralement très urbain, n'hésite pas à dénoncer «une loi inacceptable». Tribun aux accents volontiers populistes, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, leader charismatique de l'AKP, le parti issu du mouvement islamiste au pouvoir depuis 2002, menace la France de «conséquences irréparables» et clame que «ceux qui veulent étudier un génocide feraient mieux de se retourner vers leur passé et leur propre histoire sale et sanglante». Les partis d'opposition, les ultranationalistes comme la gauche kémaliste sont au diapason, et les associations patronales mettent en garde Paris contre des «dégâts majeurs». Le projet de loi pénalisant la négation des génocides, notamment le génocide arménien, qui doit être voté aujourd'hui à l'Assemblée, provoque une fureur quasi unanime en Turquie.

Proches. Les relations franco-turques ont été particulièrement difficiles depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, opposé à l'adhésion d'Ankara à l'Union européenne. Cette nouvelle crise risque de donner un sérieux coup de froid aux rapports entre les deux pays qui étaient en train de s'améliorer grâce au ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, considéré de longue date comme turcophile. Paris et Ankara ont ainsi des vues proches, sur le dossier syrien et, plus généralement, sur le soutien à donner aux mouvements du printemps arabe.

Reconnues comme un acteur majeur dans un Moyen-Orient en pl

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