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grand angle

Goodbye Gorby

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A Paris, une exposition retrace les années perestroïka et l’effondrement du système soviétique.

Publié le 27/12/2011 à 0h00

Le portrait trône au fond de la galerie, une peinture à l'huile officielle où pose Mikhaïl Gorbatchev, sans la tache de vin qui ornait son crâne dégarni. La croûte accueille le visiteur d'«URSS, fin de parti(e)» et, dès l'entrée, le ton est donné (1). En 1985, Gorbatchev arrive à la tête du Parti communiste de l'Union soviétiquearti (PCUS) - il en est le plus jeune secrétaire général depuis Staline - et lance la perestroïka (refondation). Le 8 décembre 1991, le président russe Boris Eltsine et ses homologues ukrainien et biélorusse enterrent l'URSS. «Nous avons voulu montrer ces années cruciales de l'intérieur, avec la perception qu'en avaient les Soviétiques eux-mêmes», explique Carole Ajam, l'une des trois commissaires de l'expo montée à partir des archives des très riches collections de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine à Nanterre (Hauts-de-Seine). La transition s'est faite très progressivement, ce qui figure de façon évidente dans la représentation que le pouvoir soviétique donnait de lui-même.

Les photos du camarade secrétaire général du comité central du PCUS furent longtemps figées, la famille n'apparaissant quasiment jamais, sinon dans des poses très convenues. Ainsi, ce kitchissime chromo où un Brejnev hiératique se pavane avec sa femme et leur petite-fille. Le sourire de Gorbatchev - et surtout celui de la rayonnante Raïssa, sa femme - est déjà une rupture. Au fil du temps, les photos le montreront souvent parlant avec les gens,

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