Le premier souvenir de l'euro, face à un distributeur de billets il y a près de dix ans, reste comme un moment d'une grande banalité. Aucune émotion particulière. Pas le sentiment de vivre ce qui était pourtant une étape décisive de la construction européenne et, sur le plan de l'ingénierie technocratique, une sacrée prouesse pour faire passer du jour au lendemain des millions de citoyens à la monnaie unique. Quant à la banalité, dans l'UE, c'est l'une des modalités de l'héroïsme, plus que son contraire. L'Europe des petits riens, des pièces jaunes. L'Europe des gestes quotidiens : ne plus s'arrêter à la douane, ne plus avoir besoin de passeport, payer avec la même monnaie. Rien de tout cela ne sera jamais aussi sublime que les «Etats-Unis d'Europe», chers à Hugo ; à ceci près que chacune de ces expériences en constitue les modalités désormais bien vivantes. Il y a dix ans, certains se scandalisaient de voir les symboles nationaux disparaître des nouveaux billets de banque, Saint-Exupéry, Cézanne remplacés par de ternes allégories de l'esprit humain. D'autres, enfin, trouvaient que l'argent comme vecteur de la construction européenne révélait la nature profonde d'un projet prétendument politique, en réalité économique, la monnaie unique, déjà adoptée par les marchés financiers, venant parachever la libéralisation de l'Europe. Dix ans plus tard, les termes du débat n'ont pas changé. Ils ont juste été portés à incandescence par la crise. L'Europe, démocratie hologramm
EDITORIAL
Hologramme
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Publié le 31/12/2011 à 0h00
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