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Libération

L’opposition russe en prison avant le réveillon

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Moscou . Une soixantaine de militants, dont l’écrivain Limonov, ont été interpellés, puis relâchés, samedi.

Publié le 02/01/2012 à 0h00

En Russie, il y a manifs et manifs. Les premières, imposantes et autorisées, comme celles du 10 et du 24 décembre qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, ne sont pas perturbées par la police, qui sait tenir compte du rapport de force. Les autres, plus traditionnelles et minoritaires, qui se tiennent le dernier jour des mois de 31 jours, sont régulièrement attaquées et dispersées sans ménagement par les forces de l’ordre. Lesquelles ne se gênent pas alors pour interpeller les chefs de l’opposition. Samedi, c’est l’écrivain Edouard Limonov, un des leaders de l’Autre Russie, un mouvement dont fait également partie l’ancien champion du monde d’échecs, Garry Kasparov, qui a été emmené en panier à salade avec une soixantaine d’autres militants.

Article 31. Selon le média en ligne Gazeta.ru, 30 à 40 autobus et camions de la police avaient encerclé la place Trioumfalnaïa pour empêcher la tenue du rassemblement. Si l'opposition russe se réunit tous les deux mois à Moscou, mais aussi à Saint-Pétersbourg et dans d'autres villes du pays, c'est pour réclamer l'application de l'article 31 de la Constitution, qui garantit aux Russes la liberté de rassemblement. Quoique peu fréquentés, ces rendez-vous traditionnels ont joué un rôle, celui de dissiper la peur chez les Russes ordinaires et de les convaincre qu'ils ont le droit d'exiger le respect de leurs droits.

Face à la contestation montante, le pouvoir a pour le moment choisi la répression ciblée. Certains

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