Le pasteur Michael Demastus n'est pas du genre à se cacher derrière ses convictions. Devant son église, la Church of Christ, au sud-est de Des Moines, la capitale de l'Iowa, le message est le même depuis plusieurs jours. «Le 3 janvier, votez pour la vie du fœtus», proclame un panneau de verre. «C'est ce que je dis à tous ceux qui viennent me voir, affirme-t-il. Il faut se décider en fonction de ses principes, pour que l'Amérique redevienne morale. Mais ce qui m'inquiète, c'est que nous n'ayons pas pu nous rassembler derrière une seule et même personne. Cela va affaiblir le vote chrétien.» Dans l'Iowa, Etat où religion et politique font bon ménage depuis longtemps, la très puissante droite chrétienne n'a pas su trouver son candidat idéal pour le caucus d'aujourd'hui.
Il y a quatre ans, les conservateurs religieux, qui représentent entre 40 et 60% des électeurs républicains de l'Etat, s'étaient tous ralliés derrière le pasteur baptiste de l'Arkansas, Mike Huckabee, lui assurant une victoire incontestée. Cette année, comme le dit le pasteur Demastus, «c'est un peu plus compliqué». Depuis des mois, les nombreuses Eglises et groupes religieux de l'Iowa ont ainsi fait publiquement état de leurs divisions. «C'est vrai, il y a des avis partagés et pas de consensus», reconnaît Bob Vander Plaats. La cinquantaine énergique, le sourire éternellement aux lèvres, Vander Plaats est connu comme un faiseur de rois en Iowa. Il est le président de Fa




