Professeur de sciences politiques à l'université de Georgetown, E. J. Dionne est aussi éditorialiste au Washington Post. Il est l'un des commentateurs les plus affûtés de la politique américaine et analyse les enjeux de l'élection présidentielle.
Dans tous les sondages, les Américains disent ne plus croire en leurs politiciens et en la politique. Pourquoi ce climat ?
Premièrement, l'économie est mauvaise en Amérique depuis plus de trois ans, et cela a évidemment une répercussion sur les hommes politiques. Par ailleurs, le pays connaît l'une de ses crises existentielles et se demande s'il traverse une phase de déclin. Cela arrive périodiquement, comme à la fin des années 70 quand on se demandait si le Japon n'allait pas nous dominer. Enfin, à Washington, nous sommes confrontés à une radicalisation du Parti républicain et à une poussée du conservatisme qui rend quasiment impossible tout compromis au niveau du Congrès. Le système américain établi par la Constitution a besoin d'un certain consensus politique pour fonctionner efficacement. Or, ce consensus est attaqué par la droite des républicains. Les Tea Parties sont le symptôme de cette poussée contre le rôle de l'Etat, avec une tendance conservatrice bien plus prononcée. Cela se traduit par une difficulté à gouverner et par une frustration de l'opinion. Nous sommes dans un pays où, lors des élections de mi-mandat en 2010, une candidate comme Christine O'Donnell, dont la déclaration la plus intéressante était «je ne suis pas une sorcière», a pu remporter les primaires républicaines pour un siège au Sénat…
Pourquoi est-ce si difficile pour Mitt Romney de s’imposer comme le favori dans la course républicaine ?
Une nouvelle fois, je pen




