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Libération
EDITORIAL

Barbarie

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Publié le 06/01/2012 à 0h00

Une prise d'otage est une abjection. L'otage est pris non pour ce qu'il a fait mais pour ce qu'il représente. Les conditions de détention sont d'autant plus éprouvantes que le terme est incertain. Le preneur d'otage est un geôlier tortionnaire et si besoin meurtrier. Et, quels que soient les oripeaux religieux dont il se pare, il n'hésite pas à abuser des prisonnières, notamment Aqmi qui, en ses huit années d'existence, a montré la plus extrême barbarie. Les pays des otages sont eux-mêmes pris en otage. Ils se retrouvent contraints de discuter et négocier avec des terroristes ; et souvent obligés de payer une rançon tant se mélangent chez les preneurs d'otage revendications politiques et crapuleuses. Les documents que nous publions révèlent comment de jeunes paumés basculent dans le crime au nom d'un islam dévoyé. Aqmi a développé ce que le professeur Mohammed-Mahmoud ould Mohamedou (lire page 4) appelle «une économie politique du terrorisme».

Il reste que l’on ne peut réduire cette forme de terrorisme aux errances de soldats perdus attirés par une vague référence à Al-Qaeda. L’Iran était ainsi derrière les ravisseurs des otages français du Liban et leurs revendications étaient tout à fait politiques. Les contours d’Aqmi sont plus flous mais la facilité qu’ont ses katibas à voyager et prospérer dans la région subsahélienne révèle des complicités au niveau des Etats. La France, particulièrement visée par Aqmi, devrait demander des comptes aux pays qui ont la

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