Menu
Libération
Analyse

Loi sur le génocide : Ankara menace à nouveau

Réservé aux abonnés

Publié le 06/01/2012 à 0h00

La Turquie a renouvelé hier ses mises en garde à l’égard de Paris après la décision du gouvernement français de mettre à l’ordre du jour du Sénat le projet de loi sanctionnant les négations des génocides - dont celui des Arméniens -, déjà adopté le 22 décembre par l’Assemblée nationale.

Que dit le projet de loi ?

Le texte déposé par l’UMP se réfère aux conventions européennes et prévoit des peines allant jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende pour la négation des génocides définis comme tels par les instances internationales (Shoah et Rwanda) ou par la loi française. Celle-ci reconnaît en plus, depuis 2001, le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Ce dernier a fait plus d’un million de morts selon les historiens. Ankara ne reconnaît que 500 000 victimes dans des massacres croisés et des déportations vers le Liban ou la Syrie des populations arméniennes, mais récuse surtout la qualification de génocide, c’est-à-dire d’extermination programmée. Jusqu’ici seule la négation du génocide juif était pénalement sanctionnée en France.

Où en est la loi ?

Le texte a été adopté à l'Assemblée à une très large majorité des… 50 députés présents. La gauche l'a aussi voté. Le Président semble décidé à rendre ce texte définitif avant la présidentielle, pour s'attirer les faveurs du demi-million de Français d'origine arménienne, malgré des réticences au sein même du gouvernement. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères, Alain

Dans la même rubrique