Menu
Libération

Ankara poursuit l’épuration de l’armée

Réservé aux abonnés

Turquie . Un ancien chef d’état-major a été incarcéré, sous le prétexte de complot antigouvernemental.

Publié le 09/01/2012 à 0h00

Des centaines d'officiers turcs d'active ou retraités sont déjà inculpés, mis en cause dans divers présumés complots contre le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, mais une telle scène aurait encore semblé récemment inimaginable : un ancien chef d'état-major, Ilker Basbug, entrant vendredi dans la prison de Silivri, à l'ouest d'Istanbul, accusé par un tribunal civil «d'avoir appartenu et dirigé une organisation terroriste et d'avoir tenté de renverser le gouvernement».«Devoir faire face à de telles accusations est pour moi la pire des punitions et après ça, quelle que soit la peine à la quelle je serai condamné, cela ne me touchera pas», a affirmé l'ancien général rejetant ces «accusations tragicomiques».

Internet. Il est mis en cause pour avoir organisé, quand il dirigeait l'armée, des sites internet menant campagne pour discréditer le gouvernement. Plusieurs hauts gradés ont déjà été incarcérés dans ce dossier et les magistrats n'ont pas hésité à s'en prendre à celui qui était encore en 2010 le chef d'une armée qui, par quatre fois en un demi-siècle, avait renversé les gouvernements, estimant la laïcité et la République en danger. Le dernier en date, en 1997, coup d'Etat «postmoderne» sans effusion de sang ni déploiement de chars, avait contraint à la démission le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, qui était le mentor politique de Recep Tayyip Erdogan.

Signe de la perte de pre

Dans la même rubrique