«Bienvenue à Bergholz, dit la pancarte, ses collines boisées et ses cœurs chaleureux.» Perdu entre rivière et chemins de fer dans les fins fonds du nord-est de l'Ohio, le village de 700 âmes n'a pourtant pas grand-chose à offrir. Quelques maisons en bois disséminées le long de la route 53, une station-service et un magasin délabré qui fait office d'épicerie. «C'est sûr, c'est tranquille par ici, on n'a jamais cherché les histoires et c'était très bien comme ça, dit une femme chez Marshall, le seul restaurant ouvert à des kilomètres à la ronde. Mais maintenant, c'est la folie. On n'entend plus parler que de cette guerre chez les Amish.»
Le 20 décembre, douze membres d’une communauté amish vivant à la sortie de Bergholz, dont deux femmes, ont été inculpés de «hate crimes» - un crime de niveau fédéral qui désigne les délits liés à la haine raciale ou religieuse, passible de la prison à vie. Ils sont accusés d’avoir conduit cinq attaques contre d’autres Amish, dans quatre comtés de l’Ohio, sur ordre de leur pasteur et leader, Samuel Mullet, 66 ans.
A chaque fois, le scénario était le même : des agressions menées la nuit par des petits groupes, composés souvent des fils et beaux-fils de Mullet. Equipés de ciseaux et de tondeuses, ils sont allés couper les barbes des hommes et raser les cheveux des femmes, deux des pires sacrilèges que l’on peut commettre dans la religion amish, où les extensions capillaires sont le signe extérieur de la relation




