On a du mal à l’imaginer en espion à la solde des Américains. Petit, trapu, le regard espiègle sous une tignasse ébouriffée à peine grisonnante à 67 ans, Claes Borgström s’esclaffe. Selon les défenseurs du fondateur de WikiLeaks, l’avocat aurait été grassement payé par la CIA pour obtenir l’extradition du cyberactiviste vers la Suède, puis son expulsion aux Etats-Unis. L’affaire, assure l’intéressé, est beaucoup plus simple. En août 2010, deux Suédoises lui ont demandé de les représenter. Elles affirment avoir été victimes de violences sexuelles infligées par Julian Assange lors d’un séjour à Stockholm. Claes Borgström n’a pas hésité.
En Suède, on s’est habitué aux harangues de ce ténor du barreau qui, pendant sept ans, a occupé le poste de médiateur à l’égalité des sexes. Personne n’ignore son engagement dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Et si ses provocations ne sont pas du goût de tout le monde, ses prises de position ne sont guère contestées dans une société ultrasensibilisée à la domination masculine. Au point que le Parti social-démocrate a fait de lui son porte-parole sur les questions d’égalité homme-femme. Et que cinq ans après qu’il a quitté ses fonctions de médiateur, c’est toujours Claes Borgström qu’on invite pour parler du fameux «modèle suédois» en ce domaine.
Avocat et militant. C'est sans doute la raison pour laquelle ses clientes l'ont choisi, reconnaît Claes Borgström. Avant d'ajouter qu'il n'a jamais douté qu'elles disaient la vérité. On




