C’est une nouvelle guerre en Afrique. Elle se déroule à huis clos, sur un territoire désertique grand comme la France, et oppose des belligérants qui n’alignent, de chaque côté, que quelques centaines de combattants. Au Nord du Mali, la violence des combats a pourtant déjà fait fuir des milliers de civils. L’insécurité est telle que l’ONG Médecins du monde a même dû suspendre ses activités dans la région.
A l’origine des combats, la résurgence d’une rébellion touareg qui, depuis le 17 janvier, réclame l’indépendance de l’Azawad, cette vaste région du nord Mali, considérée comme le berceau du peuple touareg. Depuis la fin des années 90, plusieurs accords de paix ont été négociés entre le pouvoir et les rebellions touareg successives. Celle qui ressurgit sur le devant de la scène a bénéficié du retour au pays de plusieurs centaines d’exilés fuyant la Libye après la chute du régime Kadhafi. Venus avec leurs armes, ils ont créé le 15 octobre le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), qui mène la guerre à Bamako depuis la mi-janvier.
Or, très vite, les «hommes en bleu» semblent avoir mis en déroute l’armée malienne, remportant des victoires inattendues (bien qu’invérifiables) à Ménaka, dans la région de Kidal, de Gao et jusque dans les faubourgs de Tombouctou. Une situation qui a pris tout le monde de court. Et pourrait avoir des répercussions inédites dans une région déjà explosive. Depuis quelques années, le nord Mali avait fini par être identifié à Al-Qaeda au




