Espéré par certains, craint par d’autres, le grand soulèvement social n’a pas eu lieu en Egypte. Révolutionnaires et libéraux avaient lancé un appel à la désobéissance civile et à la grève générale à compter du 11 février, un an jour pour jour après la chute de Hosni Moubarak. Même si les organisateurs jurent que c’est un bon début et qu’il est trop tôt pour juger, la mobilisation n’est pas au rendez-vous.
«Droits». La journaliste Asma Fathi, qui traite des «questions ouvrières» pour le quotidien révolutionnaire Tahrir, reconnaît que la participation des travailleurs est plus faible qu'escompté. Pour cette communiste, les causes de cet échec sont multiples et tiennent d'abord à l'énorme propagande médiatique et gouvernementale. «Ils n'ont pas arrêté de dire que faire la grève, c'était détruire l'Egypte», tonne-t-elle. Même son de cloche à l'université Al-Azhar ou chez les Frères musulmans, qui ont présenté la désobéissance civile comme quelque chose d'impie. Mais pour la journaliste, il faut aussi que les révolutionnaires fassent leur autocritique : «Beaucoup se sont lancés en politique et ont abandonné les travailleurs, alors que ce sont ces derniers qui ont fait triompher la révolution» et que ce sont les menaces de grève générale qui ont précipité le départ de Moubarak.
«Confiance». Avec d'autres mouvements de tendance socialiste, l'activiste œuvre aujourd'hui à réduire l'écart entre révolutionnaires et o




