Etre critique sans prêter le flanc au reproche de l’ingérence aux relents néocolonialistes. Comme souvent lorsqu’une crise surgit dans son ancien «pré carré» en Afrique, Paris marche sur des œufs. A l’Elysée, comme au Quai d’Orsay, l’analyse est la même : en se présentant pour la troisième fois devant les électeurs sénégalais, Abdoulaye Wade va trop loin. A 84 ans, il veut accomplir le mandat de trop, et risque de plonger son pays dans la violence. Mais comment le dire ?
Hier, le ministère des Affaires étrangères a appelé à «la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations de ces derniers jours». «C'est la limite de ce que nous pouvons faire sans nous exposer à la critique de l'ingérence», dit-on à Paris. Le vieux président sénégalais a très mal digéré les déclarations d'Alain Juppé. Le 20 janvier, le chef de la diplomatie française avait souhaité que «le passage des générations soit organisé» et que «toutes les sensibilités puissent concourir» à l'élection présidentielle du 26 février. Une allusion claire à la disqualification de la candidature du chanteur Youssou Ndour, très populaire.
Foudres. Aussitôt, le Gorgui (le «vieux», en wolof) avait rétorqué : «Est-ce que vous trouvez normal qu'un ministre des Affaires étrangères se mêle de la politique d'un pays pour dire ce que nous allons faire ? Je le réfute […] Est-ce que vous voyez mon ministre aller dire aux Français : "Sarkozy v




