L’Allemagne va célébrer aujourd’hui la mémoire des victimes du groupe terroriste d’extrême droite de Zwickau, en Saxe (est), avec une minute de silence. La menace, assure Gabriel Landgraf, un néonazi repenti, n’a pas disparu avec l’éclatement du scandale, en novembre. L’opinion médusée apprenait alors qu’un groupuscule d’extrême droite avait assassiné dix personnes (huit commerçants turcs, un Grec et une policière) à travers le pays, entre 2002 et 2006, sans même que la piste raciste ne soit envisagée par les enquêteurs. Or, l’Allemagne a toujours le plus grand mal à se défaire de ses vieux démons. Les statistiques attribuent 50 crimes racistes à l’extrême droite depuis 1990, tandis que les associations de victimes parlent, elles, de 180 assassinats.
C'est sa famille qui a mené Gabriel Landgraf vers l'extrême droite. Une mère permissive et «ésotérique», un grand-père nostalgique du IIIe Reich… Il grandit avec les récits héroïques du vieil homme, ses descriptions romantiques des soirées de soldats au coin du feu. «Pour moi, il était un héros, raconte ce Berlinois de l'Ouest de 35 ans. Jamais il n'a parlé des victimes de la guerre.» A 12 ou 13 ans, Gabriel Landgraf entre en contact avec la scène néonazie via la musique. A 20 ans, il est le chef reconnu d'un groupuscule de Berlin-Est. «L'extrême droite apportait les réponses aux questions que je me posais. A l'époque, j'étais raciste, xénophobe, antisémite… Et puis, vers 2005, je me suis




