Compagnie d'extraction pétrolière discrète, longtemps méconnue de la plupart des Colombiens, l'entreprise franco-britannique Perenco a acquis ces dernières semaines une notoriété dont elle se serait bien passée. Plusieurs témoignages l'accusent d'avoir financé des escadrons de la mort pendant des années, près d'un gisement des plaines de l'est du pays. «Les Messieurs de cette entreprise se voyaient avec[notre]commandant, a raconté aux juges le combattant paramilitaire Nestor Vargas. Ils nous apportaient 100 barils mensuels d'essence et 50 à 100 millions de pesos [de 20 000 à 40 000 euros, ndlr].» Vargas a fait partie d'un front régional des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), des milices antiguérilla responsables d'au moins 50 000 morts - dont des guérilleros présumés mais aussi des militants de gauche, des paysans, des vagabonds… Il a ainsi confirmé ce que plusieurs de ses chefs, officiellement démobilisés en 2006, avaient déjà affirmé à la justice. Selon leurs témoignages, les apports de l'entreprise auraient duré au moins de 2001 à 2005. «Ces gens prenaient part aux décisions», souligne Nestor Vargas.
Perenco s’ajoute ainsi à la liste de multinationales, British Petroleum en tête, accusées d’avoir eu recours aux milices pour se protéger des attentats de la guérilla. Ses dirigeants, qui préfèrent garder le silence, n’ont pourtant pas un sang d’encre à se faire : toutes ont jusqu’ici bénéficié d’une curieuse impunité ré




