Quand le favori en est à trembler dans son propre Etat, on finit par se demander s’il est bien encore… «favori». La très étrange primaire républicaine de cette année en est arrivée là : Mitt Romney, jusqu’à ce jour considéré comme le mieux placé pour gagner l’investiture du parti républicain aux présidentielles, est menacé ce mardi au Michigan, l’Etat où il est né et dont son père fut gouverneur de 1963 à 1969. Les derniers sondages le montrent au coude à coude avec Rick Santorum, le champion des valeurs chrétiennes qui se veut aussi le plus à l’écoute des «cols bleus» dans ce berceau de l’industrie automobile américaine.
Aux millions de dollars de Romney, Santorum oppose ses origines modestes de fils d'immigrés italiens, «grandi au milieu des aciéries» en Pennsylvanie, un autre Etat industriel. «Je ne suis pas issu de l'élite», a fait savoir Santorum, qui porte, en campagne, des pulls débardeurs, censés faire populo.
Santorum profite surtout des faiblesses et bourdes de Romney : après avoir expliqué qu'il «ne s'inquiète pas pour les très pauvres», ce dernier a lancé que sa femme possède «deux Cadillacs»… Au Michigan, Romney se voit aussi rappeler une tribune signée en 2008 et titrée «Laissez Detroit faire faillite» : il s'y opposait au renflouement public de General Motors, Chrysler et Ford, qui s'avère avoir fait merveille.
Heureusement pour Mitt Romney, le Michigan n’est pas seul à voter ce mardi. Les primaires auront lieu aussi en Arizona




