Finalement, Recep Tayyip Erdogan a repris ses activités de Premier ministre dans son bureau d'Ankara, vingt jours après une seconde opération à l'intestin en moins de trois mois. L'intervention effectuée le 10 février était, selon le bulletin de santé officiel, «prévue depuis le début» et marque «la fin du traitement». La longue parenthèse à la tête de l'exécutif turc entamée le 26 novembre avec l'ablation d'une partie de l'intestin du leader de l'AKP serait donc achevée. «La santé du Premier ministre est très bonne», assure son service de presse, mais les images d'un Erdogan certes souriant mais vieilli et amaigri ont frappé l'opinion.
Depuis novembre, les Turcs comme les diplomates ne cessent de s'interroger sur la nature réelle du mal dont souffre Erdogan, même si les médias, craignant les foudres de la justice, sont, sur ce point, aussi laconiques que la communication gouvernementale. «Cette maladie a démontré encore une fois à quel point le leader de l'AKP concentre désormais tous les pouvoirs : il incarne le gouvernement, le parti et la représentation internationale du pays», souligne Ahmet Insel, universitaire et directeur de la revue Birikin. Depuis la première opération du leader de l'AKP, la machine gouvernementale comme le parti au pouvoir depuis 2002 tournent au ralenti. Le silence officiel a nourri toutes les rumeurs. Mi-janvier, le Premier ministre s'est rendu à l'émission télévisée du célèbre journaliste Mehmet Ali B




