Avec sa statue de Lénine devant le Palais de la culture, ses rues tirées au cordeau, son avenue Gagarine et son parc des Komsomols, la petite ville de Lermontov, du nom du grand poète russe natif de cette région située aux confins du Caucase, paraît sortir d’un autre monde. Un monde immuable, où les ingénieurs de l’industrie militaire pour laquelle la ville a été construite dans les années 50 étaient des messieurs. Un monde où, malgré les bouleversements des années 90 et la guerre en Tchétchénie voisine, on croyait en ceux qui gouvernent, qu’ils s’appellent Lénine ou Poutine. Un monde qui a basculé l’été dernier, quand le maire, récemment élu, s’est trouvé dans le collimateur du gouverneur. Et qu’il est devenu clair qu’aucune personnalité un tant soit peu indépendante de l’échelon supérieur ne pourrait présenter sa candidature aux municipales convoquées le 4 mars, en même temps que la présidentielle pour laquelle l’homme fort de la Russie, Vladimir Poutine, part favori.
Le refus des autorités d’enregistrer bon nombre de candidats pour le scrutin municipal a mis le feu aux poudres. Il y a dix jours, neuf des 35 recalés (sur 122 candidats) se sont mis en grève de la faim et ont été rejoints par trois de leurs camarades. Ils devraient arrêter leur mouvement aujourd’hui, après avoir obtenu la garantie écrite des autorités que les municipales seraient repoussées pour permettre un réexamen des candidatures. L’affaire est révélatrice des maux de la nouvelle Russie.
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