Ils sont moscovites, ils sont jeunes et sages, ils travaillent et n’ont pas adhéré à son parti. Mais ils votent pour lui. Vladimir Poutine recrute dans la classe moyenne, grande gagnante des dix dernières années en Russie. Issu d’une famille qui a toujours été du bon côté du manche, Andreï Kisel n’a que 35 ans, et il est déjà directeur du développement au sein d’un grand groupe immobilier qui construit dans la plupart des grandes villes russes. Fils d’ingénieur, la profession la plus appréciée à l’époque soviétique, il a choisi l’économie, le sésame de la Russie actuelle. Il est reconnaissant à Poutine de la stabilité politique et du boom économique.
«Fier».«J'ai eu des doutes en 2008, quand la crise économique a commencé. J'ai perdu mon emploi en 2009, et je suis resté au chômage quelques mois. Mais j'ai redressé la tête»,assure-t-il. Aujourd'hui, avec un doctorat en poche, il gagne près de 4 500 euros par mois, beaucoup plus que sa femme, médecin dans le secteur public, pour 850 euros mensuels. Avec cette somme, le couple, qui a un bébé de 9 mois, n'a aucun problème pour se loger.
C'est en 2000 qu'Andreï a commencé à soutenir Poutine. A l'époque, il n'était pas sûr de son choix. Il y avait la guerre en Tchétchénie pour laquelle certains de ses collègues d'université avaient été mobilisés. «Mais aujourd'hui, on vit et on étudie en Tchétchénie», explique-t-il. Quatre ans plus tard, il vote de nouveau Poutine, sans hésiter. «Je voyais bien




