Menu
Libération
Portrait

Le tsar système de Vladimir Poutine

Réservé aux abonnés

Personnalité autoritaire et complexe, l’actuel Premier ministre entame un troisième mandat à la tête de la Russie.

Photo prise lors d'une manif pro-Poutine lundi 5 mars. (Photo Pawel Kopczynski. Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Moscou
Publié le 06/03/2012 à 0h00

On a tout dit ou presque de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Tout et son contraire. Qu’il était terne ou qu’il était charmant, qu’il était loyal ou qu’il aimait la triche, que c’était un ascète ou bien qu’il était riche. Et si finalement l’homme était un peu tout ça ? Cela n’aurait rien d’étonnant, car Poutine (59 ans) n’a pas un parcours tout à fait comme les autres.

Il vient du KGB, un organisme que ce jeune homme maigrichon, fasciné par les mauvais garçons et élevé dans un appartement communautaire de Saint-Pétersbourg, intégra à la fin de ses études de droit dans l’ancienne capitale de Pierre le Grand. Malgré les tentatives actuelles de faire passer cette formation pour une grande école d’analyse et d’action, une sorte de Sciences-Po avec préparation physique, il n’en demeure pas moins qu’un agent du KGB apprenait à manipuler, à corrompre et à tuer.

Cette formation explique sans doute le côté caméléon de l’homme qui dirige la Russie depuis plus de dix ans et son goût pour le vocabulaire de corps de garde. Quand le vieillissant Boris Eltsine l’appelle pour exercer la fonction de Premier ministre, il est un fonctionnaire terne, un homme de l’ombre. Mais il est déjà puissant puisqu’il dirige le FSB, le service de sécurité d’Etat, héritier du KGB.

Pourfendeur. Quelle promotion pour l'homme qui commença sa vie professionnelle en étant pendant dix ans résident du KGB en RDA, à Dresde. Poutine est d'ailleurs le premier dirigeant des services secrets russes à venir

Dans la même rubrique