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Libération
Critique

Tuer ou laisser mourir

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Publié le 13/03/2012 à 0h00

Les massacres du régime syrien ont relancé le débat sur l’urgence d’une intervention internationale pour mettre fin au bain de sang. La «guerre humanitaire» reste pourtant un oxymore, même si nous y sommes désormais habitués. Le droit - ou le devoir - d’ingérence, théorisé par le juriste français Mario Bettati, fut entériné par l’ONU en 1988 et trouva sa première application dès 1991, en Irak, avec la création d’une zone kurde au nord du pays sous protection internationale. Il y eu ensuite les interventions au Kosovo et au Timor oriental. L’Afghanistan, puis l’invasion de l’Iran en 2003 ont discrédité le concept, mais il est revenu en force avec la «responsabilité de protéger» votée en 2005 par l’assemblée générale des Nations unies qui trouva sa première application en Libye.

«S'il est un comportement par nature extrême, c'est bien celui qui consiste à répondre à ce qui se fait de pire sur le plan national - le massacre de masse, le génocide, le crime contre l'humanité - par ce qui se fait de pire sur le plan international - la guerre au nom de principes moraux», écrit Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans un ouvrage dense qui a le mérite d'exposer toute la complexité d'un débat au croisement de l'éthique, du droit et de la théorie des relations internationales. Et, surtout, ce juriste philosophe problématise avec acuité une approche trop souvent émotionnelle. Ce chercheur canadien qui avait publié l'an dernier Pas de paix sans justice ? (Presse de Sciences-Po

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