Chaque mois ou presque, il y a un nouveau coup de filet, avec des policiers surarmés qui débarquent à l’heure du laitier. A Istanbul, c’est en général le mardi ; dans le sud-est du pays à majorité kurde, c’est le plus souvent le jeudi. Les arrestations visent élus locaux, cadres des organisations de jeunesse ou de femmes, dirigeants d’associations professionnelles… Ils sont tous accusés d’être membres du KCK (Union des communautés du Kurdistan) que les autorités turques accusent d’être l’organisation urbaine de la rébellion kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) qui mène la lutte armée depuis 1984 contre Ankara.
«L'ouverture kurde» promise il y a deux ans par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, le leader de l'AKP, parti islamo-conservateur qui dirige le pays depuis 2002, semble bien enterrée. Et ce, même s'il y a désormais des télévisions diffusant en kurde, ou des panneaux indicateurs avec le nom des villages en turc et en kurde dans le sud-est où vivent la majorité des 15 millions de Kurdes du pays (sur 75 millions d'habitants).
«Le pouvoir montre son vrai visage nationaliste et répressif et veut mettre à terre toutes les structures du mouvement kurde qu'il voit comme une menace pour son hégémonie», martèle Sebahat Tüncel, députée du BDP, le principal parti kurde de Turquie, dont les cadres et les militants sont les premières victimes des rafles.
antiterrorisme. Celles-ci ne font même plus les gros titres, sauf quand elles




