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Chasse au criminel de guerre sur le Web

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Vue par près de 100 millions d’internautes, une vidéo, conçue par une ONG américaine, appelle à la mobilisation générale contre Joseph Kony, un chef rebelle ougandais sanguinaire. Une nouvelle forme d’activisme politique qui dérange.

Joseph Kony, dans la vidéo «Kony 2012». (Capture d'écran.)
ParFabrice Rousselot
De notre correspondant à New York
Publié le 19/03/2012 à 0h00

C’est une incroyable histoire sur le pouvoir d’Internet et des réseaux sociaux. Ou comment une quête personnelle se transforme en une cause planétaire par la seule magie de millions de clics sur le Web, avant de rebondir de façon inattendue dans les pages «faits divers» de la presse américaine.

Depuis deux semaines, l'Amérique est fascinée par une vidéo d'un peu moins d'une demi-heure conçue par Invisible Children, une ONG fondée par Jason Russell à San Diego (Californie). Intitulée Kony 2012, elle dénonce les méfaits du chef de guerre ougandais Joseph Kony qui, depuis la fin des années 80, enrôle de force les enfants dans son armée rebelle.

Posté le 5 mars sur YouTube, le film a été vu aujourd'hui par plus de 90 millions de personnes - un record absolu sur la Toile. Dans les cours d'écoles d'outre-Atlantique, les gamins américains, pourtant généralement peu férus de géographie, se mettent à parler de l'Ouganda et de «celui qui kidnappe les enfants et les oblige à tuer leurs parents». Le Département d'Etat et l'ONU ont été forcés de réagir, de même que Barack Obama qui, par la voix de son porte-parole, a salué l'incroyable mobilisation en cours. Les télévisions ont envoyé des équipes en Ouganda pour rendre compte de la réalité de l'Afrique des Grands Lacs.

En quelques jours, Invisible Children a été inondée de centaines de milliers de dollars de dons. Elle a surtout généré un vaste débat sur cette campagne d'un nouveau genre, entre fervents enthousiastes et dé

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