Des tourmentes de vent glacial fouettent la steppe balisée de ruines de l’ancien royaume des Tangoutes (1), de moignons de Grande Muraille et des vignes récemment plantées pour étancher la soif grandissante des Chinois pour les bons crus. Il y a quelque chose de touchant à voir ces nouveaux vignerons chinois tenter de produire un vin de qualité sur ces mornes plaines posées entre le désert mongol et les premiers méandres du fleuve Jaune.
En ce jour de février, le thermomètre affiche entre -15 °C et -20 °C. Pour permettre à la vigne de survivre, les hardis viticulteurs ont recours à une exténuante technique de terrassement. Dans les dizaines de plantations que compte désormais le Ningxia (Centre), les pieds de vigne sont affalés et ensevelis sous 40 centimètres de terre à l'arrivée de l'automne. Ce n'est qu'en avril que les vignes sont péniblement exhumées et rattachées aux tuteurs. «En dessous de -27 °C, même enterrée, la vigne meurt, et c'est la catastrophe», dit Wang Jiayun, l'un de ces pionniers de la viticulture en milieu hostile.
Ce que le froid ne tue pas, la sécheresse l'achève. «On a beau creuser à 150, voire à 200 mètres, il n'y a pas d'eau, pas une goutte», dit le courageux Wang Jiayun. Il a donc fallu pomper dans la profonde vallée du fleuve Jaune, via un réseau d'écluses à six paliers, jusqu'à ce plateau aride qu'on pensait autrefois tout juste bon à l'élevage des moutons. Le gouvernement local, qui encourage activement l'industrie viticole depuis




