L'affichage du couple «Merkozy» face à la crise de la zone euro peut encore faire illusion, mais les rapports entre la France et l'Allemagne ont radicalement changé depuis le milieu des années 2000. «Cette relation est traversée par un double mouvement dont l'évolution pèse à la fois sur la perception que chaque pays a de lui-même, et sur la conception qu'il se fait de sa relation à l'autre : la France a développé ce que l'on pourrait appeler une "pensée du déclin" tandis que l'Allemagne s'affirme à la fois sur la scène européenne et internationale, développant ce que l'on pourrait qualifier de "pensée de l'ascension" dans sa double dimension politique et diplomatique», relève Jacques-Pierre Gougeon, historien et germaniste dans son vif essai sur un couple franco-allemand en pleine mutation.
Alors que les Français se passionnent - afin de le vanter ou de le critiquer - pour le modèle économique d'Outre-Rhin, les Allemands se désintéressent de l'Hexagone. A peine 18% d'entre eux considère la France comme «le meilleur ami de l'Allemagne». Ils étaient 40% à lui donner ce statut en 2003 et 29% en 2007.
L'historien analyse finement les raisons de ces différences croissantes entre les deux pays, aussi bien en matière économique que dans leur rapport à l'histoire. «L'Allemagne semble désormais moins prisonnière de son passé que la France qui n'a pas encore levé tous les tabous liés à son histoire», souligne-t-il. Et de noter l'émergence d'une Allemagne touj




