Leo Linbeck III est un millionnaire d'un genre modeste. Il le dit lui-même : «Je n'ai pas de jet, pas de yacht, je roule en Prius 2003 [un vieux modèle de Toyota, ndlr]…» Le dada de cet entrepreneur, qui a hérité d'un grand groupe de construction au Texas qu'il a développé, c'est plutôt la politique, hobby très en vogue en cette année électorale parmi les Américains les plus fortunés.
Quand d'autres parient sur des chevaux à l'hippodrome, Leo Linbeck III, lui, mise sur des hommes politiques au Congrès. Il a déjà investi 775 000 dollars (580 000 euros) pour créer l'un des nouveaux «Super PAC», autrement dit un «super comité d'action politique». Ces derniers ont pu voir le jour grâce à un arrêt très controversé de la Cour suprême datant de 2010. Au nom de la «liberté d'expression», la juridiction a autorisé individus, entrepreneurs ou syndicats à verser des sommes illimitées aux candidats ou causes politiques de leur choix, par le biais de ces Super PAC. Seule restriction : ces comités ne doivent pas coordonner directement leurs campagnes avec les candidats.
«S'il y a beaucoup d'argent en politique, c'est parce qu'il y a beaucoup d'argent au gouvernement. Dix milliards de dollars sont dépensés chaque jour par le gouvernement fédéral !» justifie Leo Linbeck III, qui reçoit dans son bureau dépouillé, dans le recoin d'une tour de la banlieue de Houston. Seule fantaisie du lieu, les murs blancs sur lesquels il écrit ou dessine comme sur une ardois




