La «République amoureuse» : c'est sur ce concept apparemment onirique que le leader de la gauche mexicaine, Andrés Manuel López Obrador, fonde sa candidature à l'élection présidentielle du 1er juillet. Diagnostiquant une perte des valeurs qui aurait mené le pays à la décadence, l'ex-maire de Mexico propose de faire de l'amour le moteur du progrès social et le remède contre la rapacité des élites. L'honnêteté et la justice viendraient compléter cette triade de valeurs essentielles pour régénérer la société. Lancé récemment sur la place publique, cet ardent projet a valu au prétendant de la gauche une avalanche de railleries.
Mais cela fait longtemps qu'«Amlo» (ses initiales lui servant de surnom) passe pour un fantaisiste. Depuis 2006, il arbore le titre de «président légitime» du Mexique. Le scrutin s'était soldé sur une différence de 0,5% des votes en faveur de Felipe Calderón, l'actuel président officiel. Mais López Obrador n'a jamais reconnu sa défaite. Dix jours avant l'investiture de son rival, il se présentait triomphant sur le Zócalo, la place centrale de Mexico, pour prêter serment comme président légitime. Pantalonnade pour certains, acte de bravoure pour d'autres, ce coup d'éclat marquait le début de son gouvernement alternatif, entouré de ses «ministres légitimes» régnant sur des cabinets remplis d'idées, mais sans budget.
Derrière Enrique Peña Nieto, issu du vieux Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre droit), en tête dans les sondage




