Menu
Libération
Portrait

Chris Kyle. Le plaisir de tuer

Réservé aux abonnés

Ce militaire américain reconverti dans la sécurité se fait gloire d’avoir descendu un maximum d’Irakiens. Brave garçon !

Publié le 08/04/2012 à 19h28

Son métier était de tuer, et il «adorait ça». Le record personnel de Chris Kyle se mesure en nombre d'Irakiens, ou plutôt de «salopards» comme il appelle ses victimes, abattus du bout de son fusil de précision. 160 selon le décompte officiel de la Navy, qui ne retient que les tirs authentifiés par un officier sur le terrain. Sans doute plus en réalité. Dans un livre qui vient d'être traduit en français, l'ancien Seal (unité d'élite de la Navy américaine) avance plutôt le chiffre de 255 tués et ponctue : «J'aurais juste aimé pouvoir en tuer plus.» Voilà une rencontre qui s'annonce sympa, se dit-on dans l'ascenseur qui s'envole vers le quatorzième étage d'une tour de Dallas où le sniper a maintenant ses quartiers. Son attaché de presse nous a suggéré de le lancer sur le rodéo, une autre de ses passions, histoire de «le mettre en confiance». Comme si c'était lui qu'il fallait rassurer. La porte s'ouvre, et nous voilà en plein arsenal : rangées de mitrailleuses le long des murs, et jusque sur la table autour de laquelle il invite à prendre place.

«Je ne suis pas quelqu'un de politiquement correct, prévient le tireur d'élite, en guise d'introduction. Si je pense que tu déconnes, je te demanderai des comptes.» Mais le ton est cordial et il ne se fait pas prier pour montrer ses différents calibres, qui continuent de le faire vivre. Après onze ans dans la Navy, avec plusieurs blessures et une épouse qui supportait de plus en plus mal de le

Dans la même rubrique